Les blessures accidentelles sont très fréquentes et souvent
évitables. Malgré l'usage rigoureux de barrières de protection
(gants, lunettes...) et la prudence dans la manipulation des instruments,
elles peuvent toujours survenir. Parmi ces accidents du quotidien, la blessure
occasionnée par un instrument piquant ou tranchant peut entraîner
une exposition accidentelle de l'opérateur au sang de son client, par
piqûre, coupure, blessure d'autre nature ou encore par projection de
sang.
On entend par exposition accidentelle une situation où du sang (ou
bien un liquide biologique contenant du sang) ou un instrument souillé
par un tel fluide a pénétré la peau ou a été
en contact avec une muqueuse.
Le geste le plus dangereux est le recapuchonage des aiguilles après
leur utilisation. Pour les professionnels utilisant des cathéters dans
le piercing notamment, il faut prendre garde à jeter l'aiguille dans
le conteneur immédiatement après usage, sans la recapuchoner.
En cas d'accident, le risque principal est celui de la transmission d'une
infection virale :hépatite B (virus VHB), hépatite C (virus
VHC) et sida (Virus VIH), si la personne source de l'accident est atteinte
d'une infection par l'un de ces virus.
Si un tel accident survient, une intervention précoce peut réduire
le risque de transmission d'une infection.
Mesures générales
Limiter l'exposition
- lors d'une piqûre accidentelle, faire saigner (quelques gouttes)
au point de ponction et bien nettoyer avec du savon la surface cutanée
contaminée, sans la brosser,
- s'il s'agit d'une projection, rincer abondamment la bouche ou les yeux.
- ranger l'instrument responsable dans un container de sécurité,
- désinfecter la zone lésée avec une solution de
Dakin, ou d'eau de Javel à 12° chlorométrique diluée
au 1/10ème, en assurant un temps de contact de 5 minutes au moins.
Prendre en note les détails
de l'accident 
- date et heure du contact ;
- précisions sur le type de contact : quantité de liquide
biologique, importance du contact (profondeur de la lésion, surface
affectée, durée du contact) ;
- description de la source du contact : instrument contaminé, personnes
en cause (client ou cliente, personnel, etc.).
Consulter rapidement un professionnel
de santé
D'autres mesures, comme un vaccin ou un traitement, peuvent s'avérer
utiles. La décision d'y avoir recours sera prise par le professionnel
de santé qui sera consulté pour évaluer l'exposition.
Comme certaines mesures doivent être appliquées sans délai
lorsqu'elles sont indiquées, la consultation doit avoir lieu très
rapidement après que les premiers soins ont été dispensés.
Mesures spécifiques contre l'hépatite
B
Si la personne source de l'accident d'exposition est atteinte d'une hépatite
B, le risque d'infection par ce virus peut être relativement important.
Selon l'avis médical, on peut recourir à deux types de produits
pour prévenir l'hépatite B.
Les immunoglobulines spécifiques
contre l'hépatite B : 
Ces immunoglobulines sont des anticorps qui peuvent protéger
la victime contre l'hépatite B temporairement (environ deux mois).
Elles sont parfois indiquées à la suite d'une exposition,
et doivent alors être administrées le plus tôt possible,
c'est-à-dire moins de sept jours après un contact accidentel
et idéalement en moins de 48 heures.
Le vaccin contre l'hépatite
B :
Le vaccin contre l'hépatite B peut aussi être proposé
à la suite d'un accident d'exposition, selon les circonstances
de l'accident et selon l'état immunitaire de la personne qui a
été exposée vis à vis de l'hépatite
B (antécédent de vaccination contre l'hépatite B,
présence ou non d'anticorps contre l'hépatite B déterminée
par une analyse de sang le cas échéant).
Cependant, avant exposition au risque, la vaccination contre l'hépatite
B est recommandée pour tous les professionnels du piercing, car
ils courent dans l'exercice de leurs pratiques un risque au moins équivalent
à celui des professionnels de la santé, pour qui cette mesure
préventive a été rendue obligatoire.
Mesures spécifiques contre l'hépatite
C
Si la personne source de l'accident d'exposition est atteinte d'une hépatite
C, le risque d'infection par ce virus est réel, mais plus faible
que dans le cas de l'hépatite B. La seule mesure recommandée
consiste à effectuer des prélèvements sanguins répétés
pendant une durée six mois pour surveiller l'éventuelle apparition
de l'infection par le VHC. En effet, il n'y a pas actuellement de moyen
efficace disponible pour le prévenir.
Mesures spécifiques contre le
virus du sida 
Si la personne source de l'accident d'exposition est atteinte d'une infection
par le VIH, le risque d'infection par ce virus est réel, mais plus
faible que dans le cas de l'hépatite C (en moyenne de 0,3% de contamination).
Il n'existe pas de vaccin contre le VIH. Selon le degré d'exposition
au VIH, qui doit être rapidement évalué par un médecin,
la prescription d'une trithérapie (combinaison de 3 médicaments
antirétroviraux), administrée le plus tôt possible après
l'exposition (idéalement en moins de 3 heures) et pendant une durée
totale de 30 jours, peut s'avérer nécessaire. Des prélèvements
sanguins seront répétés pendant six mois pour contrôler
l'efficacité de ce traitement préventif.
Elaboration d'une procédure
Les mesures décrites précédemment doivent être
appliquées systématiquement lors d'une exposition significative
au sang. Il est donc nécessaire d'avoir à disposition une
procédure décrivant clairement la marche à suivre en
cas de contact accidentel avec du sang.
Les règles pour une bonne procédure
- La procédure doit assurer la confidentialité et le respect
des droits de toutes les personnes impliquées.
- La procédure doit inclure les mesures générales
détaillées et adaptées aux conditions des personnes
concernées,
- S'il s'agit d'une équipe, une personne doit être nommée
responsable de l'application de la procédure.
- La procédure doit préciser les coordonnées de l'établissement
hospitalier le plus proche, susceptible de délivrer un conseil
médical spécialisé, en évaluant les risques
de l'exposition et en appliquant les mesures spécifiques appropriées.
- Le recours à un service d'urgences médicales hospitalières
est possible 24 heures sur 24 en France,à ce sujet.
- La procédure doit être mise à jour régulièrement
(tous les ans).
Il existe d'autres risques liés aux pratiques de modifications corporelles
telles que le piercing pour les opérateurs. Moins fréquents,
il convient cependant de les connaître et de mettre en place des procédures
destinées à les réduire.
Ces risques sont principalement liés à la manipulation de produits
détergents, désinfectants, décontaminants, antiseptiques,
etc. Le port de gant permet de réduire le risque de lésion cutanée
sur les mains exposées à ces produits, qui sont généralement
agressifs pour la peau. Des allergies peuvent survenir chez certains opérateurs
vis à vis de produits utilisés dans la pratique quotidienne.
La procédure de travail doit alors être modifiée en prenant
en compte ce risque, sans pour autant réduire le niveau global de sécurité
des pratiques vis à vis du risque de transmission des maladies infectieuses.
Les allergies aux gants contenant du latex peuvent également survenir.
Enfin, des brûlures sont parfois occasionnées par la manipulation
de matériels chauds (stérilisateurs
). Des mesures de protections
doivent également être prises pour réduire ce type de
risque.