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4.1 La salle de stérilisation
(cf. Annexe
4)
Le lieu de nettoyage et de stérilisation du matériel doit
être séparé des autres au minimum par une cloison, l'idéal
étant une pièce distincte. Cette pièce n'a pas besoin
d'être grande. Elle se divise en deux parties :
- Une partie sale ou contaminée (zone de nettoyage),
- Une partie propre (zone de conditionnement et de stérilisation).
Dans cette salle, le port des gants est obligatoire.
Il est important de respecter à chaque étape un flux
logique, évitant tout croisement entre matériel sale et matériel
propre.
"On va toujours du sale vers le propre"
Dans la partie sale ou contaminée
(zone de nettoyage) se trouvent :
- Le bac de décontamination (avec couvercle et panier) pour les
instruments souillés déjà utilisés. On doit
porter des lunettes pour se protéger quand on le manipule.
- Un lavabo pour le nettoyage et le rinçage.
- Le bac à ultrasons pour compléter le nettoyage des instruments
(avec couvercle et panier).
- Un emplacement pour le séchage.
Tout ce qui se trouve dans cet endroit est considéré comme
contaminé. On y réalise la décontamination des matériels
et instruments, leur nettoyage et leur séchage.
Décontamination 
La décontamination (ou pré-désinfection, selon le
terme officiellement admis) est le premier traitement à effectuer
sur les objets et matériels souillés dans le but de diminuer
la population de micro-organismes et faciliter leur nettoyage ultérieur
, de protéger le personnel lors de la manipulation d'instruments.
Le bac de décontamination doit être compatible avec les produits
utilisés, produits détergents-désinfectants répondant
aux normes AFNOR.
Comment décontaminer :
- Préparer le bain de trempage en mélangeant le produit
avec de l'eau tiède,
- Respecter la dilution recommandée par le fabricant,
- Ne jamais mélanger deux produits différents,
- Changer le bain tous les jours, sauf si le matériel est particulièrement
souillé (dans ce dernier cas, changer le bain à chaque fois),
- Mettre à tremper, après utilisation, le matériel
dans les meilleurs délais,
- Ne jamais laisser sécher les instruments souillés,
- Faire tremper le matériel pendant la durée indiquée
par le fabricant (généralement 15 à 30 minutes),
- Retirer le panier contenant le matériel du bac de décontamination
(avec gants, lunettes, blouse et masque),
- Rincer à l'eau du robinet.
- Garder la tenue de décontamination à l'intérieur
de ce lieu de stérilisation et dans la zone contaminée,
- Jeter les gants,
- Le bac de décontamination doit être rincé et nettoyé
chaque jour avec le ou les produit(s) adapté(s), puis séché
soigneusement.
Le port de gants est obligatoire et le port de lunettes est recommandé
afin d'éviter le contact du produit détergent-désinfectant
avec la peau et les muqueuses. En cas de projections, laver immédiatement
et rincer abondamment à l'eau, et si nécessaire consulter
un médecin spécialiste.
Nettoyage 
Le nettoyage est une phase très importante qui permet l'élimination
des souillures encore présente sur le matériel. C'est la phase
secondaire à la décontamination. Le nettoyage permet d'obtenir
un niveau minimum de contamination nécessaire pour une bonne stérilisation.
Il s'agit d'une opération mécanique réalisée
par brossage du matériel avec une brosse souple à l'aide d'un
produit détergeant. Il faut éviter toutes projections pour
ne pas contaminer l'environnement.
Ce nettoyage peut-être réalisé avec le produit détergeant-désinfectant
ou avec un détergent spécifique. Si le produit détergeant
est différent du détergeant désinfectant, il faut obligatoirement
rincer le matériel entre les deux étapes.
On utilise généralement un bac à ultra-sons pour
compléter le nettoyage (meilleure qualité de nettoyage et
moins de manipulations). Les ultrasons permettent de mieux décoller
les souillures présentes sur le matériel en associant trois
actions:
- mécanique: le frottement (ou les vibrations) pour décoller
les souillures
- chimique: le produit (tensio-actif alcalin en général)
solubilise les souillures
- thermique: la chaleur du bain accélère la vitesse de nettoyage.
Séchage 
"Seul un matériel propre et sec pourra
être correctement stérilisé"
Pour sécher, il faut un champ propre qui ne peluche pas. Le séchage
doit être parfait. On ne peut conditionner que du matériel
sec car toute trace d'eau risque de détériorer le sachet,
qui ne jouera plus son rôle de "protecteur de la stérilité".
Comment utiliser un bac à ultrasons :
- Utiliser un bac à ultrasons avec panier et couvercle,
- S'assurer de son bon fonctionnement et que sa puissance est suffisante,
- Ne jamais mettre le matériel à nettoyer en contact direct
avec le fond,
- Mettre un couvercle sur le bac à ultrasons pendant la phase de
travail,
- Les produits détergents ou détergent-désinfectants
utilisés doivent répondre aux normes AFNOR et être
compatibles avec les ultrasons.
- Respecter les recommandations du fabricant pour la dilution du produit
et le temps de contact des instruments avec le produit,
- Rincer abondamment le matériel après le passage dans le
bac à ultrasons.
La partie propre (zone de conditionnement
et stérilisation) 
Elle est considérée comme propre, et comporte :
- L'emplacement pour le conditionnement.
- L'emplacement pour l'autoclave
On y réalise les opérations de stérilisation des matériels
et instruments, après les avoir conditionné.
Conditionnement 
"Seul un matériel correctement conditionné
pourra rester stérile après stérilisation"
Pour éviter qu'un objet stérile soit contaminé par
contact avec le milieu extérieur, il est nécessaire de le
conditionner avant stérilisation dans un emballage spécifique
protecteur le la stérilité.
Ce n'est qu'au moment de son utilisation qu'il doit être déballé.
Le conditionnement et le mode de conservation du matériel stérile
font intégralement partie de la stérilisation.
Les emballages des instruments doivent indiquer une date de réalisation.
Pour conditionner il faut :
- Des sachets pelables spécifiques pour la stérilisation
par la vapeur d'eau : une face papier, une face plastique, avec témoin
de température. Ils doivent posséder 3 soudures thermiques
pour être aux normes.
- Une soudeuse.
Comment conditionner correctement son matériel :
- Si le matériel possède des parties démontables,
il faut le démonter entièrement.
- Si le matériel n'est pas démontable, on le laissera en
position ouverte pour permettre le passage de la vapeur.
- Il faut mettre de préférence un seul objet par sachet
et souder le sachet avec la soudeuse en vérifiant que la soudure
est correcte et régulière.
- Aucun obstacle ne doit empêcher la pénétration de
la vapeur au contact et à l'intérieur du matériel
à stériliser.
Un sachet peut garantir la stérilisation de l'instrument conditionné
pendant un à trois mois, selon le modèle utilisé. Après
ce laps de temps, il devient micro-poreux. Tout emballage abîmé,
mouillé et/ou ouvert doit être considéré comme
non stérile.
Stérilisation 
"Seul un matériel propre, sec et bien
conditionné pourra être correctement stérilisé"
L'étape de la stérilisation est fondamentale. Le but de
la stérilisation d'un objet est la destruction ou l'inactivation
irréversible de tous les micro-organismes qui se trouvent dans ou
sur cet objet. Quand aucun germe ne peut plus être décelé,
l'objet est dit " stérile ".
La méthode de référence est la stérilisation
par la vapeur d'eau (autoclave). Les paramètres recommandés
(température, durée) pour le plateau de stérilisation
sont actuellement de 134°C pendant 18 minutes (norme de stérilisation
prenant en compte les prions). En réalité, le cycle de stérilisation
dure plus longtemps pour tenir compte des phases de vide préalable
et de vide final de séchage.
Pour stériliser des objets conditionnés, il faut un stérilisateur
avec vide fractionné et séchage. Ce type d'autoclave permet
la stérilisation de sachets emballés et de produits creux.
Des normes AFNOR spécifiques aux petits stérilisateurs sont
en cours d'élaboration, et ce type d'appareil correspondrait à
une future " classe B " (réf. Pr EN 13060-1 et 2).
Un stérilisateur est classé "dispositif médical"
et doit posséder le marquage "C.E". Seul un stérilisateur
validé, correctement entretenu et suivi, faisant l'objet d'une maintenance
régulière, permettra de garantir le résultat de la
stérilisation.
Comment stériliser :
- Ranger les produits conditionnés face papier contre face papier,
pour éviter que la face plastique d'un sachet obstrue la face papier
d'un autre sachet, car seule la face papier du sachet laisse passer la
vapeur d'eau.
- Ne pas trop serrer les produits conditionnés dans l'autoclave.
- Placer un intégrateur dans un sachet isolé au milieu de
la charge (cf. ci-dessous).
- A la fin du cycle, vérifier l'intégrateur et l'intégrité
des emballages ainsi que la conformité du diagramme (quand il existe).
L'intégrateur est un témoin qui réagit selon 3 paramètres
: température, temps, pression. Il permet de vérifier le fonctionnement
de l'appareil, mais il ne constitue pas une preuve formelle de la qualité
de la stérilisation.
Le diagramme permet en revanche d'avoir la preuve du bon fonctionnement
de l'appareil.
Attention, à l'ouverture de la porte, les produits doivent être
totalement secs. Tout emballage ou instrument humide n'est pas stérile.
Il doit donc être reconditionné et stérilisé
à nouveau.
"On ne doit pas sécher le matériel
avec un stérilisateur dont la porte est ouverte"
Entretien et contrôle du stérilisateur :
Il convient de se renseigner auprès des revendeurs pour connaître
les procédures d'entretien relatives à chaque appareil et
de faire vérifier son appareil au moins une fois par an.
Il ne doit jamais y avoir de dépôt dans une cuve, ni de changement
de couleur.
Pour contrôler le stérilisateur, on utilise un test de Bowie-Dick
à réaliser une fois par semaine au moins et si possible quotidiennement.
Celui-ci permet de vérifier la capacité du stérilisateur
à faire le vide et permet de détecter un joint percé
(la présence d'air diminue l'efficacité du stérilisateur).
Ce test se réalise soit avec une charge témoin et une feuille
réactive, soit avec un test à usage unique.
Cependant, les tests vendus sur le marché ne correspondent pas
à tous les autoclaves et il faut donc se renseigner auprès
du revendeur.
On peut aussi contrôler son autoclave avec des indicateurs microbiologiques
(spore tests) qui permettent de donner une indication sur le bon fonctionnement
de l'appareil.
Attention : les anciens stérilisateurs à chaleur sèche
dits "Poupinel" (inefficaces sur les prions) et les stérilisateurs
"à billes" (interdits en France) ne doivent plus être
utilisés (réf. Circulaire DGS/DH n°100 du 11/12/1995,
Arrêté du 11/12/1998).
Stockage des produits conditionnés et stérilisés
Le stockage des matériels stérilisés nécessite
un lieu propre et sec, à l'abri du soleil, de préférence
une armoire en inox,
Il ne faut pas utiliser d'armoire ou d'étagère en bois et
en règle générale toute surface micro poreuse.
La durée de stockage recommandée est de trois mois maximum
dans les conditions précitées.
Toute détérioration de l'emballage doit conduire au reconditionnement
et à une nouvelle stérilisation du matériel, s'il est
réutilisable.
4.2 La salle de travail ou salle de piercing
(cf. Annexe
4)
La salle de piercing doit être isolée de la salle d'attente
et de la salle de stérilisation.
On peut y distinguer trois zones
- une zone sale ou contaminée
- une zone moyennement propre
- une zone propre
Dans la zone dite " sale " se trouvent un plateau à déchets
pour mettre après usage les instruments souillés réutilisables,
le bac de décontamination (un bac avec fente est conseillé afin
d'éviter les projections), une poubelle à pédale, avec
couvercle, pour les déchets et un conteneur à objets piquants
et tranchants souillés, à usage unique.
La poubelle doit en principe posséder un couvercle fonctionnant à
pédale, et porter l'inscription " danger " sur le couvercle.
Le container à aiguilles usagées doit être en plastique
avec fermeture définitive une fois rempli .
La zone dite " moyennement propre " est l'endroit où l'on
reçoit le client. Elle contient un divan d'examen, sur lequel on allonge
les clients, qui est recouvert d'un champ propre en papîer, changé
entre chaque client. Elle contient également un évier, de préférence
à pédale, avec un savon liquide doux, conditionné dans
un flacon muni d'une pompe doseuse, un savon liquide antiseptique et/ou une
solution hydro-alcoolique pour la désinfection des mains, également
conditionnés dans un flacon muni d'une pompe doseuse, et enfin un distributeur
d'essuie-mains jetables en papier absorbant.
Dans la zone dite " propre ", on déballe et prépare
les instruments pour le geste du piercing. Une table roulante, un meuble,
ou encore un plan de travail font l'affaire, de préférence en
inox ou en revêtement plastique résistant et lisse (pour faciliter
le nettoyage). Cet espace ne doit pas être contaminé. On y trouve
les flacons d'antiseptiques, les lingettes, les gants d'examens médicaux.
Les champs, les compresses, les gants stériles peuvent être rangés
dans des tiroirs immédiatement accessibles. Sur ce plan de travail,
on dépose les objets nécessaires au geste, une fois déconditionnés,
sur un champs ou un plateau stérile.
4.3 Nettoyage et désinfection de
l'espace de travail 
Si le studio contient des toilettes, elles doivent être équipées
d'un lavabo à l'intérieur, afin de pouvoir se laver les mains.
Une fois par jour, il faut procéder à un nettoyage soigneux
des locaux de travail, avec un produit adapté (détergent-désinfectant
pour surface). L'idéal est d'appliquer une procédure standardisée
pour cette opération, qui sera reprise par chaque personne à
qui pourra revenir cette charge.
Procèdera ainsi au nettoyage
des équipements suivants chaque jour
- Le lavabo et le(s) robinet(s),
- Le divan d'examen,
- Le plan de travail contaminé,
- Le plan de travail propre,
- La poubelle.
Procèder au nettoyage suivant
au moins une fois par semaine
- Le sol,
- Les plinthes à gorge.
Comment faire ?
Comme pour les instruments ou les mains, il y a toujours 2 phases :
- Nettoyer avec un détergent-désinfectant,
- Désinfecter avec un produit adapté au type de surface,
- Commencer par la zone la plus propre et finir par la zone la plus sale.
4.4 Les bijoux de piercing
Conformément aux procédures détaillées ci-dessus,
avant de réaliser un piercing, il faut décontaminer le bijou
à l'aide d'un produit détergent-désinfectant, le nettoyer
par un brossage manuel, compléter ce nettoyage à l'aide du bac
à ultrasons réservé à cet usage, le sécher,
puis le conditionner dans un sachet. Le bijou sera ainsi décontaminé,
propre et conditionné pour la stérilisation.
Il subira ensuite une stérilisation à l'autoclave selon les
procédures décrites plus haut.
" Tout bijou de piercing doit être stérilisé
avant la pose ".
Quel que soit le produit utilisé (produit désinfectant, type
glutaraldéhyde, ou produit détergent-désinfectant), la
désinfection ne remplace en aucun cas la stérilisation.
" Le glutaraldéhyde ne stérilise
pas ".
Seul un bijou stérilisé peut être utilisé lors
de la réalisation d'un piercing (bijou dit " de pose ").
Si le matériel implantable ne supporte pas la stérilisation,
il ne peut être utilisé comme bijou de pose. Lorsque le piercing
est complètement cicatrisé, l'utilisation de " bijoux fantaisie
" non stérilisables peut être envisagée, à
condition que ceux-ci aient subit une désinfection à l'aide
d'un produit désinfectant (contenant généralement du
glutaraldéhyde), possédant des propriétés bactéricides,
virucides, fongicides et sporicides. Ces produits ne possédant aucune
action détergente, le bijou doit avoir été préalablement
nettoyé soigneusement. Il faut respecter le temps de contact du matériel
avec le produit indiqué par le fabricant et rincer ensuite abondamment
à l'eau stérile le matériel avant toute utilisation.
4.5 Cas particulier des
pistolets perce-oreille 
Le piercing du lobe de l'oreille est en France pratiqué majoritairement
par des bijoutiers. Ils utilisent des "pistolets" automatiques spéciaux
" perce-oreilles " dont le mécanisme à ressort permet
d'insérer un clou métallique au travers du lobe, secondairement
fixé en arrière par un clip.
Alors que cette opération est considérée comme très
banale et ne fait l'objet d'aucun contrôle sanitaire particulier, le
risque de complication infectieuse est pourtant décrit depuis longtemps.
Il est impossible de les nettoyer et les stériliser correctement.
Les dispositifs à cartouches stériles jetables ne permettent
pas plus de garantir un piercing sans risque.
L'utilisation des pistolets " perce-oreilles "
et autres appareils manuels de piercing doit en conséquence être
proscrite.
4.6 Elimination des déchets
Les risques liés aux déchets
Après un geste de piercing, les déchets qui ont été
produits demeurent potentiellement dangereux. Il existe en effet un risque
de se blesser avec les matériels piquants ou tranchants, blessure
à l'occasion de laquelle des micro-organismes peuvent être
transmis à la victime.
La victime peut être :
- Une personne travaillant dans le local où le piercing a été
réalisé (en premier lieu le perceur lui-même),
- Une personne chargée de transporter ou de détruire les
déchets, si ceux-ci ne sont pas conditionnés dans des collecteurs
spéciaux non perforables.
- Les déchets peuvent également contaminer l'environnement
de travail du professionnel (surfaces, mains) et favoriser ainsi la transmission
d'un micro-organisme à un futur client.
Les déchets peuvent donc présenter divers risques qu'il convient
de réduire pour protéger les clients, les perceurs, les agents
chargés de l'élimination des déchets et l'environnement.
Eliminer correctement les déchets
Le traitement des déchets liés à des activités
de soin est réglementé par des textes spécifiques.
Ces textes réglementaires précisent notamment que tout praticien
libéral est responsable des déchets produits à son
cabinet (Circulaire N° 93-22 du 25 février 1993), que les matériels
" piquants ou tranchants ", susceptibles d'avoir été
en contact avec des liquides biologiques (sang, etc.) et destinés
à être jetés, doivent être traités selon
une procédure particulière (Décret N° 97-1048 du
6 novembre 1997) :
- ils doivent être séparés des autres déchets
dès leur production,
- ils doivent être stockés dans des collecteurs spéciaux
jetables. La norme NF X 30-500 de décembre 1999 précise
les caractéristiques de ces collecteurs.
- ces collecteurs doivent être entreposés en sécurité
et pendant une durée limitée, avant d'être remis à
un organisme chargé de leur élimination (Arrêtés
du 7 septembre 1999).
L'élimination des déchets comporte plusieurs étapes
: collecte, transport, stockage, tri et enfin traitement. De manière
générale, c'est le détenteur des déchets qui
en est responsable à chaque étape de cette procédure.
Toutefois, tout producteur de déchet peut être tenu pour financièrement
responsable des conséquences que ses déchets pourraient avoir
sur l'environnement (principe du "pollueur payeur") aux termes
de la loi N° 75-663 du 15 juillet 1975.
Les procédures de modification corporelle avec effraction cutanée,
et notamment le piercing, ne sont pas directement visées puisqu'elles
ne sont pas des activités de soin.
Toutefois les déchets produits sont de même nature (ils présentent
un risque biologique infectieux et il peut s'agir de matériels piquants,
coupants ou tranchants).
L'élimination des déchets produits par les perceurs devrait
donc logiquement être régie par les mêmes règles
que celles qui s'appliquent aux déchets d'activités de soin
et faire l'objet d'une obligation pour les perceurs. Les principes retenus
plus hauts doivent ainsi être appliqués de façon identique.
" Les déchets produits lors des pratiques
de piercing ne doivent en aucun cas être évacués par
les éboueurs ".
Procédure d'élimination
des déchets 
La filière d'élimination des déchets comporte plusieurs
étapes capitales pour réduire les risques de contamination
liés aux déchets.
- Le tri est indispensable pour séparer les déchets à
risque des déchets banals. Il a aussi pour intérêt
de réduire la quantité de déchets devant subir un
traitement spécifique.
- L'emballage des déchets constitue la première protection
contre les risques de blessure et de contamination : les matériels
piquants ou tranchants doivent être contenus dans des récipients
étanches et non perforables, les autres déchets à
risque sont collectés dans des sacs étanches et résistants.
- La durée du stockage dépend du volume produit.
- La collecte peut s'effectuer selon deux modes : en "porte à
porte" par une entreprise qui assure l'enlèvement des récipients
contenant les déchets sur le lieu de production ou par apport volontaire
dans les déchetteries spécialisées.
- Le transport doit s'effectuer dans des conditions d'hygiène et
de sécurité répondant à la réglementation.
Des dispositions spéciales pourraient être mises en place
pour faciliter l'application de telles dispositions, en permettant aux professionnels
concernés
- d'accéder au marché du matériel médical
et paramédical pour les équipements et matériels
de sécurité (conteneurs, sacs, etc),
- d'utiliser les filières d'élimination propres aux établissements
de soins les plus proches.
4.7 Les grandes règles
à retenir 
- Tout matériel dit " invasif " (pénétrant
par effraction dans l'organisme) doit être stérile.
- Utiliser de préférence, chaque fois que cela est possible,
des dispositifs médicaux à usage unique achetés stériles,
plutôt que du matériel à stériliser par l'utilisateur.
- Attention, un dispositif médical stérile doit comporter
au minimum le nom du produit, la mention stérile, le mode de stérilisation
et la date de péremption.
- Ne pas utiliser de dispositif périmé.
- Tout dispositif médical (aiguilles, cathéters, etc.) doit
obligatoirement porter la mention " CE ", depuis le 14 juin 1998.
- Un stérilisateur est un dispositif médical et doit comporter
la mention " CE ".
- Les opérations de nettoyage et de stérilisation doivent
être menées avec une grande rigueur pour être efficaces.
L'idéal est de rédiger une procédure écrite,
qui sera affichée dans le local réservé à ces
opérations, afin que chaque opérateur suive la même
méthode.
- La stérilisation par la vapeur à 134°C pendant 18 minutes
est la méthode de référence, en particulier pour le
risque infectieux lié aux prions, agent de la maladie de Creutzfeld-Jakob.
- S'assurer que les matériaux constituant le dispositif médical
supporte ces paramètres.
- Utiliser chaque fois que cela est possible des matériels en acier
inoxydable de qualité " instrumentation chirurgicale ".
- Seul le matériel conditionné (emballé) et correctement
stérilisé avec un emballage spécifique pour la stérilisation
par la vapeur peut être considéré comme stérile.
- Il ne s'agit pas d'appuyer sur un bouton du stérilisateur pour
être sûr de l'état stérile du matériel
après le cycle. Il faut aussi s'assurer du bon fonctionnement de
l'appareil (cf. § entretien et contrôle du stérilisateur)
et vérifier périodiquement les performances de l'appareil.
- Un stérilisateur doit faire l'objet d'une maintenance régulière,
de même que tout autre matériel comme les bacs à ultrasons.
- Seul un diagramme peut apporter la preuve du bon fonctionnement du stérilisateur.
Il faut donc préférer les autoclaves avec enregistreurs et
diagrammes papier.
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