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2.1 Pourquoi des risques infectieux ? 
La peau et le revêtement des muqueuses constituent la première
barrière et la plus efficace contre les microorganismes (microbes)
qui peuplent notre environnement. Ces microorganismes sont des bactéries,
des virus ou des parasites qui cherchent un hôte pour se multiplier.
En temps normal, la peau et les muqueuses saines portent des microorganismes
à leurs surfaces, comme la plupart des objets qui nous entourent, sans
aucune conséquence pathologique pour autant. Dans certaines circonstances
ces microorganismes peuvent s'introduire dans notre organisme à la
faveur de piqûres, coupures, brûlures ou blessures diverses, accidentelles
ou intentionnelles ; c'est ce que l'on appelle une " effraction cutanée
ou muqueuse ". Lors d'une effraction cutanée ou muqueuse, la pénétration
de microbes peut entraîner une infection locale, parfois grave lorsque
l'infection se dissémine secondairement dans l'organisme. En cas de
rupture de la barrière cutanée ou muqueuse, l'infection peut
être due à des microorganismes présents à la surface
de la peau, mais aussi à la présence de microorganismes sur
le matériel qui a occasionné cette effraction.
2.2 Mécanismes de l'infection :
des risques pour qui ?
L'infection peut être due à des microorganismes présents
à la surface de la peau ou des muqueuses du client, inoculés
lors d'un piercing. C'est le cas lorsque la préparation locale du site
d'intervention n'est pas conforme aux règles d'asepsie (voir règles
d'hygiène universelle). Ce mécanisme est susceptible d'entraîner
une infection chez un client à partir de ses propres microorganismes
ou éventuellement la dissémination d'une infection déjà
présente chez lui (dissémination de verrues par exemple).
L'infection peut être due à des microorganismes présents
sur le matériel. On dira alors qu'il est contaminé. Ces microorganismes
peuvent provenir :
- d'un client précédent,
- des surfaces avec lequel ce matériel aura été en
contact durant la procédure,
- des mains de l'opérateur réalisant la procédure,
Ces mécanismes sont susceptibles d'entraîner la transmission
d'une infection d'un client à un autre client ou d'un opérateur
à son client.
Par ailleurs, si l'opérateur se blesse au cours d'un geste, l'effraction
cutanée ou muqueuse est susceptible d'entraîner la transmission
d'une infection du client à l'opérateur (voir sécurité
des professionnels).
Le risque infectieux concerne donc tout à la fois clients et opérateurs
dans la pratique du piercing, du tatouage, du maquillage permanent, de l'épilation
par électrolyse ou du rasage.
2.3 Quels sont ces risques
? 
Les infections les plus courantes sont dues à des bactéries
et se développent à partir du site de l'intervention. Elles
sont particulièrement fréquentes dans le cas du piercing (entre
10% et 30% d'infections locales). Elles mettent surtout en jeu les streptocoques,
les staphylocoques et parfois les Pseudomonas.
Les infections dues à des virus sont également possibles.
Cependant les données scientifiques disponibles sont très peu
nombreuses et le risque de transmission est mal évalué pour
les virus de l'hépatite B (VHB) et de l'hépatite C (VHC), encore
moins pour le virus du sida (VIH).
La possibilité d'une contamination par le VHB et le VHC est tout de
même solidement établie, mais il persiste un doute sur la transmission
du VIH. Dans une situation relativement proche de celle du piercing, on connaît
mieux ce risque dans celui des accidents d'exposition au sang des professionnels
de santé où il est plus élevé avec le VHB (20
à 30%) et le VHC (3 à 10%), qu'avec le VIH (moins de 3 pour
mille).
Des infections dues à d'autres microorganismes peuvent plus rarement
survenir comme les virus herpes ou le papillomavirus (responsable des verrues).
2.4 Existe-t-il des personnes
fragilisées ?
D'une manière générale, de nombreuses maladies chroniques
sont connues pour affecter les défenses immunitaires de l'organisme.
C'est le cas des cancers, de certaines maladies du sang, du diabète,
du sida ou de certaines maladies génétiques. Parmi ces maladies,
certaines favorisent ainsi la survenue d'infections.
Par ailleurs, l'utilisation prolongée de certains médicaments
peut également entraîner une baisse des capacités de défense
de l'organisme. Les principaux médicaments concernés sont les
corticoïdes et les anti-inflammatoires non stéroïdiens, qui
sont très fréquemment prescrits.
Dans ces situations, un piercing, comme tout autre geste de modification
corporelle avec effraction cutanée ou muqueuse, doit être discuté
préalablement avec le médecin traitant de la personne concernée.
Enfin, les maladies chroniques de la peau, parmi lesquelles l'eczéma
est la plus fréquente, fragilisent le revêtement cutané
et doivent faire discuter de l'opportunité de réaliser un piercing.
Les infections dentaires, de la bouche, de la gorge, des parties génitales,
doivent également tenir lieu de contre-indication à des manuvres
de piercing de la langue, les lèvres et des joues.
2.5 Autres risques 
Parmi les complications décrites dans le piercing, les infections
dominent largement en fréquence. Ce ne sont toutefois pas les seuls
risques possibles : des réactions allergiques (métaux des bijoux
implanté, produits utilisés pour les soins après le geste)
et des cicatrisations pathologiques sont possibles.
Quelques complications plus spécifiques au piercing ont été
également rapportées: fractures dentaires, pertes de sensibilité,
délabrements tissulaires.
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